Justice : L’attente se prolonge dans l’affaire Rebo Tchulo et le verdict est renvoyé au 27 août

Le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema n’a pas rendu son verdict ce jeudi 20 août 2026 dans le procès très suivi de la chanteuse Déborah Mulanga Tshimpaka, dite « Rebo Tchulo ».
Le prononcé a été reporté d’une semaine, au jeudi 27 août, en raison de l’indisponibilité de certains juges, selon plusieurs sources liée à des raisons de santé.
L’affaire trouve son origine dans une vidéo devenue virale en avril, montrant le chauffeur Platini Kasaï Sadisa soumis à des violences par des militaires dans la résidence de l’artiste à Kinshasa, après un différend autour d’un sac disparu.
Le dossier a d’ailleurs évolué au fil des audiences. En juin 2026, le tribunal se concentrait encore principalement sur les faits de torture présumés impliquant les militaires, certaines sources indiquant alors qu’aucune charge n’était encore retenue contre Rebo Tchulo. Ce n’est qu’après plusieurs mois d’auditions, d’examen de pièces et de communications téléphoniques évoquées à l’audience que la chanteuse a été formellement renvoyée devant le tribunal militaire pour incitation.
Treize militaires sont concernés par la procédure, dont quatre en fuite, poursuivis pour des faits présumés de torture, extorsion et violation des consignes.

Rebo Tchulo est, elle, jugée pour incitation de militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des FARDC. Le parquet a requis 14 mois de prison contre elle, tandis que la partie civile réclame 250 000 USD de dommages et intérêts. La défense plaide l’acquittement, l’artiste affirmant n’avoir « aucune relation » avec les militaires poursuivis et niant toute incitation.
Ni la chanteuse ni la victime n’étaient présentes jeudi ; leurs avocats les représentaient. Le nouveau rendez-vous judiciaire est fixé au 27 août 2026, dans un dossier qui dépasse désormais le seul milieu musical et interroge les rapports entre civils et militaires ainsi que l’usage de la force. Pour la victime et ses conseils, il s’agit aussi d’obtenir réparation. Pour les militaires poursuivis, c’est leur responsabilité individuelle et collective qui est examinée. Et, plus largement, c’est la crédibilité de la justice militaire face à des faits qui ont ému tout le pays qui est observée.



